Merci à Christopher Nolan et Universal Pictures pour leur film L’Odyssée, sorti sur les écrans cet été. Car en mettant le projecteur sur le chef-d’œuvre d’Homère, les tables des libraires ainsi que leurs vitrines lui font honneur. D’autant que les maisons d’édition en ont profité pour le rééditer à tour de bras – Les Belles Lettres ont été jusqu’à rééditer l’Ulysse de James Joyce. Et c’est même toute l’antiquité grecque qui se retrouve fêtée cette année à travers une multitude de livres.
Ainsi, Homère va rencontrer de nouveaux lecteurs. Et si je peux me permettre un conseil ; parmi les nombreuses traductions de L’Odyssée en français, celle de Philippe Jaccottet (aux Éditions La Découverte) est plus que recommandable – ce pour le même prix que la place de cinéma. À vous déjà d’en juger par son avertissement sur sa traduction qui donne le « la » : « Et tel aura été le rêve, utopique, de cette traduction, défectueuse comme toute traduction : que le texte vienne à son lecteur ou, mieux peut-être, à son auditeur un peu comme viennent à la rencontre du voyageur ces statues ou ces colonnes lumineuses dans l’air cristallin de la Grèce, surtout quant elles le surprennent sans qu’il y soit préparé ; mais, même quand il s’y attend, elles le surprennent, tant elles viennent de loin, parlent de loin, encore qu’on les touche du doigt. Elles demeurent distantes, mais la distance d’elles à nous est aussi un lien radieux. »
Et je me permets encore un conseil quant à la manière d’aborder L’Odyssée. Cette fois en me référant à Jean Beaufret – qui a fait tant pour Martin Heidegger en France –, qui nous invite à « entrer en dialogue avec les Grecs », à « entendre la parole grecque d’une oreille grecque ». Donc, non pas à partir de la soi-disant hauteur de notre époque, mais à partir de notre voyage vers eux, jusqu’à eux ; jusqu’en eux même. Pour ressentir les choses telles qu’ils les ressentaient ; pour retrouver cet éclat si lointain – et paradoxalement à portée de main – ; cet éclat, oui, celui des dieux qui resplendissaient en eux et au-delà d’eux. Ce à quoi nous invite la lecture de L’Odyssée d’Homère, même traduite par Jaccottet.
Aussi, à bon entendeur, bonne lecture…
DIAPORAMA SUR L’ODYSSÉE D’HOMÈRE ET L’ÎLE DE KOS
