Il est clair que John Dwyer a le mojo des vieux bluesmen du Delta, le « Raw Power » des Stooges », le « Crac Boum Huuuue ! » de Dutronc… Oui, il a le truc ; ce truc qui ne s’apprend pas, qu’aucune « Rock Academy » ne peut délivrer. Ce truc qui fait que dès les premiers riffs, dès le premier cri primal ; la température monte, les sexes s’échauffent, les têtes bouillonnent. De concert en concert, avec son groupe mutant baptisé/débaptisé (OSC, Ohsees, Thee Oh Sees, Oh Sees, Osees), il incarne donc ce truc, Dwyer – avec ses deux batteurs métronomiques exaltés –, qui s’appelle tout simplement le rock’n’roll ; sous forme, peu importe, de garage/psyché/kraut/space rock… Ce truc que quelques « clochards célestes » ont et entretiennent tel un feu sacré ; qui fait que cette putain de musique a encore le goût du sang dans la bouche ; bien que déjà vieilles de quelques décennies. La Fat White Family l’a encore ce truc, les Viagra Boys aussi… et avant Dwyer, Jon Spencer l’incarnait également, portait haut le flambeau du rock’n’roll – de Pussy Galore au Jon Spencer Blues Explosion, en passant par Heavy Trash. Même combat donc pour ces jusqu’au-boutistes, ces aristocrates du bruit… qui s’attaquent à nos oreilles saignantes qui en redemandent…
