Sang KarmiK

Sang Karmik (le logo)

Le projet Sang KarmiK est né au printemps 2026 de notre rencontre. La rencontre des deux couples que nous sommes au quotidien (Marina/Nicolas et Caroline/Vincent), « orchestrée » par Guillaume Lenys de l’association Hiéro – ayant à cœur de promouvoir et soutenir la création artistique à Colmar –, qui savait notre intérêt commun pour la musique et la poésie. 

Marina
Nicolas
Caroline
Vincent

Cette rencontre s’est faite sur une même longueur d’onde, pour allier musique et poésie. La musique reposant essentiellement sur une harpe, jouée par Marina, et une contrebasse – enrichie de textures produites par des pédales d’effet – jouée par Nicolas. La poésie reposant sur nos quatre voix, formant un chœur – où chacune d’elle apporte sa singularité à l’ensemble.

Sang KarmiK en répétition au Grillen

Lecture harmonico-poétique

Marina à la harpe
Nicolas à la contrebasse

Nous disons des poètes et écrivains tels que Goliarda Sapienza (À T.M.), Anise Koltz (Je m’escorte, Chaque nuit…), Brigitte Fontaine (Amour), Charles Baudelaire (L’Horloge), Jules Supervielle (Voyageur, voyageur…), Boris Vian (Elle serait là, si lourde)…

Livres de poésie

Sang KarmiK propose aussi des compositions originales.

C’EST LE NOIR DANS MON BLANC QUI ME PARLE

Et soudain L’AFRIQUE / L’AFRIQUE noire / L’AFRIQUE qui bat / aux rythmes de ses tam-tams / L’AFRIQUE peuplée D’AFRICAINS et D’AFRICAINES.

Mais bon dieu de bois d’ébène / voilà soudain L’AFRIQUE embarquée / et en fond de cale par dessus le marché.

Et voilà L’AMÉRIQUE / qui brandit son glaive au devant de sa ville / debout qui te tend ses bras / non / qui n’attend que tes bras noirs / AFRIQUE / pour les enchaîner à ses champs de coton.

Et tes bras noirs / dans les champs de coton s’activent / ramassent le coton blanc des Blancs /tandis que tu chantes / AFRIQUE / le cri de ton orgueil / de ton orgueil blessé jusqu’au sang / par le coton de la culotte blanche du cul blanc de la Blanche.

Le cul blanc de la Blanche / qui pourtant rêve de tes mains / AFRIQUE / mais bon dieu de bois d’ébène / le cul blanc de la Blanche n’est pas fait pour tes mains noires.

Alors / pour ne pas que tu le touches / AFRIQUE / pour ne pas que tu plonges tes mains noires dans la culotte blanche de la Blanche / pourtant tachée de ton sang / l’homme blanc qui lave plus blanc que blanc / plonge tes mains noires dans le lavabo fait pour tes mains noires / dans le pauvre misérable noir de crasse lavabo fait pour tes mains noires.

Et si ça ne suffit pas / si ça ne suffit pas pour que tu comprennes / AFRIQUE / le visage blanc fera de toi un fruit noir pendu à une branche.

Alors tu pleures / AFRIQUE / tu pleures comme un pauvre Noir / tu pleures le blues dans ta cabane / tu renies tes rites / tu fais le chien / et puis tu fais le clown / jusqu’à ce que Benny Oui-Oui te pique ton cirage.

Et soudain AMÉRIQUE / des mains noires s’attaquent à tes oreilles / s’attaquent à tes culs blancs / pour y mettre des mains noires / des tam-tams noirs / pour y mettre du coton noir / et des culottes noires / des vagins noirs / pour y mettre des lavabos noirs…

Et be-bop / et hard bop / et comme ça ne suffit pas / puisque les Blancs ont tué le King / puisque les Blancs ont tué le X / alors toujours plus vite / alors toujours plus fort / alors toujours plus noir / AFRIQUE / pour échapper à leurs balles / pour échapper à leur blanc / alors Nouvelle Chose / comme deux poings tendus sur un podium / alors liberté / comme un gant de cuir dans des dents blanches.

Jusqu’à ce qu’enfin… / AFRIQUE / jusqu’à ce que jamais le combat ne s’arrêtera.

VOUS M’AVEZ CRU MORT…

Vous m’avez cru mort / après m’avoir entraperçu vivant / alors vous avez enterré mon corps.

                          Mais vous ne m’avez pas enterré.

   Vous n’avez enterré qu’un espace vide / que   

  j’avais déserté depuis longtemps /

autour duquel tournoyait un cortège d’organes /          

                             qui fatigué de passer et repasser incognito au milieu de vous /

a fini par trépasser.

               Ma tête !

Comment auriez-vous pu l’enterrer ? /

                   alors qu’elle n’était qu’un songe /

qui à force de se rêver tête / en avait pris l’apparence / 

mais n’avait pas plus de consistance /

                             qu’une bulle de savon

           flottant dans l’air…

Est-il possible / je vous le demande / 

                     de mettre une telle bulle en terre ?

Et les yeux collés sur cette tête !

              mes yeux / n’étaient pas des yeux / mais seulement les images qui s’y reflétaient /

paysages et visages.

         Maintenant que vous les avez enterrés / êtes-vous à ce point aveugles ? / 

                                  pour croire que le Tage a disparu avec eux /

et que les yeux d’Ophélia ne sont plus.

   Et alouette / mes oreilles / ne sont pas des oreilles /

           mais les bruits / les paroles de la Ville… / êtes-vous à ce point… ? / pour ne pas les entendre…               

                                  Enfin / je ne vais pas vous passer en revue tout le cortège…

     Ce serait indécent.

                            Retenez seulement que je ne suis pas mort / quand l’heure a sonné pour mon foie /

n’étant pas lié à l’horloge de mes organes.

          Pour preuve / jamais ma parole silencieuse / ne s’est aussi bien portée / depuis que vous m’avez enterré.

           À croire qu’elle s’est munie d’un porte-voix / posthume / qui la fait aujourd’hui résonner / 

                    au-delà des mers parcourues

par Vasco de Gama.

Alors de grâce / n’allez pas vous recueillir

au Monastère des Hiéronymites /

        vous n’y trouverez que cendres et granit / mais sûrement pas moi.

        Moi Pessoa / je continue à marcher / toujours seul et invisible /

   dans une rue quelconque de la Baixa /

                                  savourant  intranquillement / l’ironie de mon sort

                                                 PONTO FINAL

Sang KarmiK a donné sa première représentation le mercredi 23 septembre 2026 au Café de la Lauch à Colmar.

Sang KarmiK
Sang KarmiK au Café de la Lauch à Colmar