Georges Perros

« Puis j’irai m’allonger dans l’herbe

Pour penser à mes amis

À ceux que j’ai perdus aussi

Vivants ou morts ô quel massacre,

À François d’Assise,

Abrité du vent qui vient fort de la mer si proche

Pour penser à toi… »

Georges Perros – Ken Avo

(Poèmes bleus)

Georges

Pour se reposer enfin

Au bord de la mer

Enfin

Pour se décomposer

Sous une pauvre pierre

Jusqu’en poussières

Comme ils disent.

 

Poussières éparpillées

Jusqu’à des feuilles blanches

Pour former

Mais que tout cela

À force

Est fatiguant

À quoi bon

Que de laisser des traces

Pour finir

Comme ils disent.

 

Pour dire aux autres

J’ai vécu

Et je ne suis plus

Comme vous aussi

Pour la plupart sans les mots

Mais ne valent-ils pas mieux ?

Les silencieux

Qui ont renoncé.

 

À ce que je dis

En vain

Et pourtant

Comme un prurit

Je les couche

Comme les hommes

Dans leur cercueil

Comme moi-même

Je n’y échapperai pas.

 

Un sourire narquois

De ceux qui n’ont pas les mots

Mais les mains.

 

Et ton sourire Georges

Qui reste figé sous ta pierre

À me fixer

Au bord de la mer

De notre pays

Que nous partageons

Comme tous ces mots

Qui malgré tout

disent.

DIAPORAMA SUR GEORGES PERROS À DOUARNENEZ